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Milan-San Remo - van der Hoorn héroïque, malchance pour Vliegen

Milan-San Remo - van der Hoorn héroïque, malchance pour Vliegen

Comme l'année précédente, les coureurs de Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux ont marqué cette édition de Milan-San Remo (1.UWT, 20/03). Il fallait être courageux, au départ ce matin de la Piazza Castello de Milan, pour s'apprêter à accomplir 299 kilomètres et près de sept heures de course en guise de première classique "monument" de la saison. 

Et du courage, Taco van der Hoorn n'en a pas manqué. Dès les premiers kilomètres, le Néerlandais a rejoint sept hommes dans une tentative d'échappée qui a immédiatement reçu le feu vert du peloton. Les choses étaient donc actées dès le début de la Primavera : ces huit hommes allaient ainsi passer la majeure partie de la course devant. Derrière, le peloton contrôlait l'écart en vue de l'enchaînement des difficultés, situées dans les 50 derniers kilomètres de course, censées traditionnellement forcer la décision. Survivant à l'accumulation des kilomètres aux avants-postes, van der Hoorn sera l'ultime rescapé de l'échappée matinale, se faisant reprendre dans l'ascension de la Cipressa par un peloton à présent fortement écrémé. Au total, le héros du jour aura passé plus de 270 kilomètres et six heures en tête de course. 

Une fois la Cipressa derrière eux, les hommes forts ont essayé de se départager dans le Poggio. L'équipe Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux pouvait alors compter sur le Belge Loïc Vliegen qui s'arrachait pour recoller, dans la poursuite, au groupe de tête d'une dizaine de coureurs. Mais une chute dans la descente de l'ultime ascension de la journée, heureusement sans gravité, eut tristement raison de ses chances d'obtenir un résultat. Jasper Stuyven, parti seul dans les trois derniers kilomètres, a devancé Caleb Ewan et Wout Van Aert sur la Via Roma, s'adjugeant ainsi le premier monument de la saison. Lorenzo Rota a terminé à la 40ème place dans le même groupe que Aimé De Gendt.

Loïc Vliegen :
«Au sommet du Poggio, j'étais dans les 15-20 premiers, dans un groupe juste derrière. On ne sait jamais ce qui pouvait se passer en bas de la descente, je me disais qu'un regroupement était possible. C'est vrai, je ne suis pas au même niveau que les tous meilleurs actuellement, mais j'avais raison de croire en mes chances compte tenu du type d'arrivée que l'on a connu par le passé sur Milan-San Remo. À la fin, je commets la faute dans le virage le plus dangereux de la descente, et me voilà hors-jeu. Il faut rester positif, la forme est là, je viens de passer trois semaines productives avec l'équipe en Italie. Les classiques arrivent et je ne compte pas en rester là, ma confiance n'est en rien entachée par cette déception du jour. Collectivement, nous roulons bien et apprenons de nos erreurs au fur et mesure que nous évoluons ensemble. Je serai là au Grand Prix E3, à Gand-Wevelgem et au Ronde.»

Taco van der Hoorn :
«Milan-San Remo est une course mythique, c'était donc incroyable pour moi d'être en tête pendant si longtemps. Je garderai à jamais en moi le souvenir de mon épopée le long de la côte. Nous n'avions pas pu bénéficier d'une grosse avance, mais grâce à notre bonne coopération dans l'échappée et avec l'aide d'un vent favorable, nous avons quand même pu résister longtemps au retour du peloton. En fin de compte, j'ai donné tout ce qu'il restait en moi dans la Cipressa. J'ai pu constater qu'après 270 kilomètres de course, le peloton était aussi marqué que moi par la fatigue. Me voilà pleinement rassuré de ma condition au sortir de Paris-Nice, et j'attends les classiques avec impatience. »

Valerio Piva :
«Nous avions eu des moments de joie en début de course, avec Taco, et à la fin nous sommes tristes car Loïc n'a pas su défendre ses chances. C'est ça, Milan-San Remo. Une chute peut arriver à n'importe qui, je n'ai donc pas de regrets quant à la prestation de l'équipe. D'abord Taco a su être présent devant, comme nous le souhaitions, et derrière tout le monde a admirablement travaillé pour préparer la finale. Dans la Cipressa, nous avions encore trois hommes dans le peloton, comme je l'espérais. On n'était peut-être pas capables de suivre les meilleurs, mais on avait clairement de quoi décrocher une place dans les vingt premiers avec Loïc. Aujourd'hui, la chance n'était pas avec nous, mais je me répète, les signes que nous donnons sont extrêmement encourageants et le fait que nous sortions sans casse demeure essentiel. Nous sommes où nous devons être, et je nous sens prêts pour les classiques.»

Milano-San Remo:
1.Jasper Stuyven
2.Caleb Ewan
3.Wout Van Aert
40.Lorenzo Rota +0:29
47.Aimé De Gendt
57.Loïc Vliegen +1:28
87.Andrea Pasqualon +3:13
92.Jonas Koch
112.Taco van der Hoorn +7:14
154.Pieter Vanspeybrouck +10:58